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Journée inclusion

Une journée dédiée à l'inclusion organisée par le département Techniques de Commercialisation

L'événement, divisé en deux temps, s'est articulé le matin en amphi avec des témoignages ouverts à tous, et l'après-midi dans le bâtiment B de l'IUT, des mises en "handi-situation" pour les étudiants de TC. Tout au long de la journée, le hall de l'IUT présentait l'exposition Rictus et, sur la pause déjeuner, le ZIC'OMATIC Show a démontré que handicap et musique était plus que compatibles.

Retour sur cette journée Inclusion :

Après une introduction de Benoît Petit, Directeur de l'IUT de Mantes-en-Yvelines, et Loïc Josseran, Président de l'Université, les présentations commencent avec Mme Sylvie Le Coq-Beignon du Service d'accompagnement des étudiants et des personnels handicapés (SAEPH) de l’UVSQ.

Décrivant d’abord les services à la MDE et dans les composantes, elle insiste ensuite sur la réglementation, notamment la grande loi du handicap du 11/02/2005 et son article 20 :

« Les établissements d'enseignement supérieur inscrivent les étudiants handicapés ou présentant un trouble de santé invalidant, dans le cadre des dispositions réglementant leur accès au même titre que les autres étudiants, et assurent leur formation en mettant en œuvre les aménagements nécessaires à leur situation dans l'organisation, le déroulement et l'accompagnement de leurs études. »

En effet, d’où vient le terme de handicap ? Il fut en premier lieu un jeu d’échange « hand in cap », repris dans le monde hypique avec un « handicap » sur le cheval le plus rapide. La notion d’infériorité dans le sens d’une compensation apparaît au début du XXe siècle.

Désormais, il implique une notion de désavantage. Selon la définition de la loi du 11/02/20205, constituent un handicap :

  • « une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques,
  • d'un polyhandicap,
  • ou d'un trouble de santé invalidant. »

Le SAEH passe ici un message, celui qui guide ses actions : si l’environnement est adapté, la personne n’est plus en situation de handicap.

Ces situations arrivent, elles sont réelles et quotidiennes. Par exemple, une vingtaine d’étudiants sont accompagnés à l’IUT de Mantes.

Mme Le Coq-Beignon donne enfin quelques astuces facilitatrices lors de la production de documents (contraste des couleurs, police, espacement des lignes) et, étonnement, appelle à ne plus utiliser la fonction « justifier », le texte devrait toujours être à gauche.

 


Manjit est Handi’Coach… ou plutôt une Love Coach spécialisée Handicap parce que, la vie, ce n’est pas que le quotidien studieux ou les tracas pratiques, c'est aussi et surtout des émotions.

Elle passe d’ailleurs un message précieux : ta différence n'est pas un frein, c'est ton pouvoir
Après avoir brièvement raconté son parcours, Manjit prend le temps de répondre aux questions préalablement envoyées par des étudiants, abordant ici avec un naturel désarmant, et l'amusement dans le regard, les aspects émotionnels et sexuels que peuvent rencontrer les personnes porteuses de handicap.

Ça vous intéresse ? Voici quelques réponses :

Commençons par le sujet de la confiance en soi, Manjit nous explique que « les véritables obstacles sont plus les préjugés de la société » et établit la base de ce qui sera son mantra : « le corps n’est qu’une partie visible, une couverture pour notre âme ».

Qu’en est-il des rencontres en ligne ?

Pour un handicap visible « le handicap est secondaire, créez un lien avec la personne. C’est d’abord votre personnalité, le handicap vient après ».

Pour un handicap invisible, elle conseille de ne pas attendre après le 2ème ou le 3ème rendez-vous car, si le lien est créé avant, vous risquez de briser la confiance. « Plutôt que de prononcer le mot handicap, nommez la pathologie. »

La société est-elle prête ? « Il ne faut pas attendre la société, sinon, ça va prendre des années. Il faut sensibiliser et provoquer (…) et commencer la sensibilisation dès l’enfance. » Plus généralement, « l’autre n’a pas à vous accepter, c’est à vous de vous accepter. »

Mahmood Shah est en quatrième année à l’ISTY après avoir validé un BUT GMP à l’IUT de Mantes-en-Yvelines.

Pour le coup, le public prend là une leçon de résilience absolue devant cet étudiant. Il raconte son histoire, découvrant pendant ses années de BUT qu’il est atteint d’une maladie dégénérative le menant, à terme, à une perte totale de l’audition et de la vue.

Plutôt ouvert, Mahmood n’a rien caché lorsque le diagnostic est tombé ; il raconte que ce fut une claque monumentale et remercie vivement pour le soutien apporté par sa famille, sa promo « très cool », l’infirmière en particulier, ainsi que le corps enseignant et la médecine du travail.

Il se dit « adaptable » et « mentalement fort », indécis quant à son avenir professionnel. Il incite les étudiants à étudier.

Au regard de sa propre expérience et de l’importance de son entourage, il demande à tous « d’inclure les personnes en situation de handicap, d’essayer de parler avec elles » (…) « Faites-le bien autour de vous, considérez tout le monde également, sinon, ça crée des divisions ».

Quant aux personnes porteuses de handicap, « soyez à l’aise ».

Avec dérision et un brin d'humour taquin, il conclut ainsi : « je pars du principe que, dans quelques années, je ne vous verrai plus et je ne vous entendrai plus. Donc, pour l’instant, je profite."
 


Sébastien Charles, enseignant-chercheur à l’IUT de Mantes-en-Yvelines, intervient pour présenter Aurizéo dont il est partie prenante.

Cette Startup, dont Laurent Lapierre est le fondateur, développe une technologie d’assistance aux fauteuils roulants mécaniques. Cette solution est développée à l’IUT et passe en phase d’industrialisation.

Plus d'informations.
 


 

Aicha Sylla représente Greff’up dont elle est fondatrice et vice-présidente.

Son témoignage interpelle car il met l’accent sur un aspect rarement abordé : la réaction négative de l’individu greffé sans être prévenu, dans l’urgence vitale suite à un mélange médicamenteux qui a détruit 80% de son foie, sans symptôme.

« On m’a changé mon foie sans mon acceptation. Mes parents, l’État ont considéré que je méritais de vivre. »

Elle raconte les 36 médicaments qui accompagnent les suites post-opératoires, l’immunodépression, la reconnaissance RQTH. « On subit sans le dire parce que, pour tout le monde, c’est une seconde chance (…) mais à quel moment ai-je dit oui pour vivre ça ? »

Aicha décide de passer son Master en alternance en télétravail. Elle relate cette bataille sans fin contre la psyché, la dépression et le corps qui doit fonctionner avec des capacités réduites.

Elle obtient son master mais elle en a assez. Aicha arrête toute médication et finit par faire un rejet.

« J’ai choisi de saisir la chance du second greffon. »

23 000 personnes sont en liste d’attente et, chaque année, mille parmi elles perdent la vie faute de greffe.

Aicha ayant constaté que les gens ne comprennent pas le concept du don, elle accompagne maintenant des greffés et intervient dans les écoles et les établissements pour l’expliquer.

En France, on est donneur par principe mais, si rien n’est établi clairement, il suffit qu’un membre de la famille s’y oppose pour ne plus être considéré comme donneur. Pour rappel, le donneur est en état de mort cérébrale.

« Dans les pays où le don d’organe n’existe pas, il y a du trafic d’organe. Aux États-Unis, on pirate les systèmes de santé pour voir qui est compatible. En France, tu es sur liste d’attente et tu paies 0. »

Il faut donc se poser ces questions de son vivant et cocher son choix dans mon espace santé.

Ma religion, mes traditions, ma culture me le permettent-ils ? « Chaque religion a mis des conditions très claires, renseignez-vous. »

Aicha martèle que « ce n’est pas les vieux, ce n’est pas les autres, c’est nous tous. Ça peut arriver à nos parents, nos frères, nos sœurs, à nous-mêmes ». « J’accompagne un ado de 15 ans, très grand sportif. Pouf ! son cœur va lâcher dans trois semaines max. Il ne va plus au lycée, ses amis l’appellent Frankenstein. »



 

L'après-midi est consacrée à la mise en "handi-situations" d'étudiants de TC :
- une initiation à la langue des signes,
- un atelier de théâtre inclusif Los Saltimbanques exposant avec humour les problématiques rencontrées par les personnes porteuses de handicap,
- un atelier sur la déficience visuelle : vivre sans la vue, apprendre à guider en binôme d'étudiants
- une conférence sur les deux pathologies principales de la vue : champ visuel réduit et vision en tunnel avec des lunettes pour se rendre compte du résultat
- une présentation d'un chien guide et de l'écriture en braille
- le matériel adapté aux personnes en situation de handicap
- une séance de handi-volley (jouons assis, voulez-vous ? ) organisé par le SUAPS de l'UVSQ